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test Omega Ploprof Seamaster 600

TWO vous présente une plongeuse mythique sortie en 1970 : l'Omega Seamaster 600 Ploprof. Spécialement conçue pour un usage professionnel, cette montre unique a marqué l'histoire de la plongée. Revue.
L'essentiel

Omega Seamaster 600 dite Ploprof

Réf.: ST 166.077
Marque Omega
Modèle
Seamaster 600 dite Ploprof
Référence constructeur
ST 166.077
Boîtier (matière)
Acier
Diamètre boîtier (hors couronne)
46,75 mm
Diamètre boîtier (avec couronne)
54,97 mm
Mouvement
Automatique
Calibre
Omega 1002
Base calibre
Manufacture
Fonctions
Date
Heure
Minute
Seconde
Verre
Verre minéral traité antireflets
Capacité de la réserve de marche
40h
Fond transparent
Non
Entre-cornes
23,93 mm
Longueur corne à corne
44,90 mm
Hauteur boîtier
13,56 mm
Etanchéité
600 m
Bracelet (matière)
Acier
Boucle (type)
Boucle déployante
Boucle (matière)
Acier
Poids total
182 grammes
L'avis des internautes
82%
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Omega Ploprof : la plongeuse de l’extrême

1970 : le monde est alors à un tournant crucial. Le premier choc pétrolier se prépare et, depuis quelques années déjà, des sociétés spécialisées dans la prospection pétrolière en milieu marin se sont créées.
L’offshore n’en est qu’à ses débuts mais va prodigieusement se développer dans les années qui suivent.

Omega connaît alors le succès, notamment avec la Speedmaster Professional qui est allée sur la Lune.
La marque ne se repose pas pour autant sur ses lauriers et lance une toute nouvelle Professional, elle aussi capable d’atteindre les extrêmes. Mais dans un tout autre domaine : celui des grandes profondeurs.

Aussi révolutionnaire que sa Moonwatch, la Seamaster 600m a nécessité près de quatre années de développement et d’étude avant de voir le jour.
Capable de résister à des pressions jusque-là inimaginables, la Ploprof – son surnom résulte de la contraction de plongeur professionnel – repose sur une conception complètement nouvelle.

 

Aussi révolutionnaire que sa Moonwatch, la Seamaster 600m a nécessité près de quatre années de développement et d'étude avant de voir le jour...

La marque qui, à l’instar de Rolex, a développé deux ans plus tôt un partenariat avec la COMEX (Compagnie Maritime d’Expertise), a été obligée de mettre au point un appareillage totalement inédit et extrêmement coûteux pour pouvoir tester de façon réaliste sa toute nouvelle montre de plongée, super-étanche même à l’hélium.

Pari réussi puisqu’en septembre 1970, la Ploprof fait partie de l’équipement de base des plongeurs COMEX lors de la mission Janus II et devient le témoin du nouveau record mondial de plongée réelle, à -253 m, alors accompli dans le golfe d’Ajaccio.

Après avoir réalisé la revue de sa récente réédition, The Watch Observer vous propose de découvrir ici le modèle qui est à l’origine de l’une des plus belles pages de l’histoire de la marque Omega.

Un boîtier radical et novateur

Pour parvenir au nouveau record d’étanchéité qui est celui de la Ploprof en 1970, soit 600 mètres garantis en dessous du niveau de la mer, Omega s’est inspirée de ses boîtiers monocoques sortis au début des années 60.

En éliminant le fond de boîte – emplacement par lequel on insère habituellement le mouvement de la montre, ces boîtiers monoblocs réduisent à deux les possibilités d’entrée d’eau dans la boîte : soit du côté du verre, soit du côté de la couronne.

Les ingénieurs d’Omega ont donc mis l’accent sur ces deux points pour obtenir une montre super-étanche.

Côté remontoir, la marque a conçu une nouvelle couronne vissée entièrement noyée dans la carrure du boîtier.

Côté remontoir, la marque a conçu une nouvelle couronne vissée entièrement noyée dans la carrure du boîtier.

Placée du côté gauche pour ne pas gêner le poignet du plongeur, cette couronne possède à son extrémité un écrou de forme carrée.
En se calant dans le boîtier, ce dernier évite tout dévissage inopportun et surcomprime les joints présents dans la couronne, garantissant son étanchéité.

Du côté de la glace, la marque a abandonné le verre acrylique de la Seamaster 300m au profit d’un verre minéral.
Durci à l’aide d’un trempage chimique, ce dernier est compressé contre un joint à une pression de plus de 120kg puis maintenu en place à l’aide d’une bague vissée.
Ce dispositif est ensuite astucieusement caché lorsque la lunette rotative est mise en place.

Usinée dans un bloc d’acier massif, la Ploprof est au final une montre imposante et angulaire qui rappelle l’outil pour professionnel plutôt que le garde-temps fin et raffiné.

Entièrement brossée pour limiter les reflets – à l’exception de ses arrêtes adoucies et polies, cette Omega était proposée à l’origine soit avec un bracelet acier – dit mesh, soit avec un bracelet en Isofrane – un caoutchouc synthétique de nouvelle génération capable de résister aux sels marins ou aux produits chimiques agressifs présents sur les plates-formes pétrolières.

A noter que si vous parvenez à trouver un modèle avec son bracelet d’origine en acier, il vous sera sans doute un peu difficile au début de le placer correctement, l’opération exigeant une certaine habitude.
En effet, ce fermoir ne dispose pas de lame déployante mais se sépare en deux parties qui s’emboîtent grâce à un levier (Cf. photos).
Rustique mais fiable, ce bracelet a au départ été conçu pour pouvoir y fixer des rallonges en caoutchouc afin d’utiliser la Ploprof sur des combinaisons de plongée.
Il est ainsi peu ergonomique pour un usage au quotidien.

 

Un affichage conçu pour les grandes profondeurs

L’autre particularité de la Seamaster 600 Ploprof, c’est son bouton rouge placé en haut à droite du boîtier. Il permet de déverrouiller d’une simple pression la lunette tournante.

 

Le bouton rouge de la Seamaster 600 permet de déverrouiller d'une simple pression la lunette tournante.

Bidirectionnelle, cette dernière n’est manipulable que lorsque ce bouton rouge est enfoncé, offrant ainsi une garantie maximale au plongeur sous-marin. Elle ne peut en aucun cas se déplacer par inadvertance ou par accident.
Ce dispositif facile et rapide à mettre en oeuvre est incontestablement plus sécurisant qu’une lunette dont la rotation ne se fait que dans un sens antihoraire.

Permettant de mesurer l’écoulement d’un temps de plongée, la lunette de la Ploprof est également originale.
Réalisée en partie dans le même verre minéral que la glace du boîtier, elle joue sur la transparence de ce matériau pour laisser apparaître des chiffres et des repères imprimés sous le verre – qui ne peuvent donc s’effacer.

Du tritium permettait à l’origine d’avoir une lunette à l’affichage entièrement luminescent.
Inutile de signaler que ce matériau radioactif est désormais inactif sur les modèles intégralement d’origine.

Cependant, il convient de préciser qu’Omega continue de fabriquer des pièces de rechange pour la Ploprof. La marque fournit ainsi des cadrans, des aiguillages et des lunettes réalisés avec de la Super-LumiNova, une matière luminescente moderne qui offre la possibilité de redonner une seconde vie à des visages parfois un peu trop éteints.

Concernant le cadran de la Ploprof, c’est un modèle de lisibilité, notamment grâce à son fond de couleur sombre et à sa finition matte – et surtout à son aiguille des minutes d’un superbe orange vif.

A noter que le verre minéral de la Ploprof est non seulement durci mais également traité antireflets pour une lecture optimale de l’heure.
Un détail rare dans les années 70 !

Une mécanique robuste et fiable

Pour motoriser sa Ploprof, Omega l’a équipé du calibre 1002.

A l’époque, ce mouvement constitue la toute dernière génération de calibre automatique de la marque.
Doté de 20 rubis, ce calibre est le premier à battre à la très haute fréquence de 28.800 alt./h, offrant ainsi un pouvoir réglant très élevé.

La Ploprof est un modèle de lisibilité, notamment grâce à son aiguille des minutes d'un superbe orange vif.

Cette nouvelle génération mécanique, plus mince que la précédente avec seulement 4mm d’épaisseur, offre par ailleurs pour la première fois sur un mouvement Omega le stop-seconde ainsi que le correcteur rapide de la date.

Si ce calibre a connu quelques soucis au niveau du remontage automatique et du changement instantané de date sur les premiers exemplaires sortis, les problèmes ont été corrigés par Omega dès 1973.
Aussi, il est peu probable que vous rencontriez une Ploprof dont le calibre n’ait pas bénéficié sur ce point d’une mise à niveau.

Correctement entretenu – Omega fournit toujours des composants pour cette famille de calibre, ce mouvement fait preuve d’une robustesse et d’une fiabilité tout à fait honorables.

 

Conclusion

Véritable concentré du savoir-faire technologique d’Omega au début des années 70, la Seamaster 600 dite Ploprof demeure une montre OVNI qui a incontestablement marqué de son empreinte l’histoire de la montre de plongée.
Ne soyez guère étonné si cette montre atteint aujourd’hui une cote impressionnante en occasion pour un modèle en excellent état et complet. Celle-ci demeure souvent cohérente au regard du prix déjà très élevé que coûtait la Ploprof en son temps : près de deux fois le prix d’une Submariner !

 

Les + :

  • un mythe et une page d’histoire dans l’univers des montres de plongée
  • un design inimitable et radical
  • une montre qui fut en son temps une véritable vitrine technologique
  • les composants pour l’entretien de ce modèle sont toujours fabriqués par Omega

 

Les – :

  • le défaut de la qualité : son design qui ne plaira pas à tous
  • son poids relativement important
  • le bracelet acier d’origine, peu ergonomique

 

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