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test Breitling Navitimer Lip réf. 806

Certains modèles ont marqué de leur empreinte l'histoire de l'horlogerie, devenant des must have pour les collectionneurs. TWO vous propose aujourd'hui de découvrir la Breitling Lip Navitimer 806.
L'essentiel

Marque Breitling
Boîtier (matière)
Acier
Diamètre boîtier (hors couronne)
40 mm
Diamètre boîtier (avec couronne)
43,66 mm
Mouvement
Remontage manuel
Calibre
Venus 178
Base calibre
Venus 178
Fonctions
Chronographe
Heure
Minute
Seconde
Verre
Plexiglas bombé
Capacité de la réserve de marche
38h
Fond transparent
Non
Entre-cornes
22 mm
Longueur corne à corne
48,65 mm
Hauteur boîtier
14 mm
Etanchéité
0 m
Bracelet (matière)
Cuir
Boucle (type)
Ardillon
Boucle (matière)
Acier
Poids total
67 grammes
L'avis des internautes
89%
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Une montre-outil conçue pour les pilotes

Alors que le Salon International de la Haute Horlogerie vient de fermer ses portes – retrouvez en images les principales nouveautés dévoilées à Genève dans nos sections photos
SIHH 2012, The Watch Observer vous propose pour le première fois de passer en revue une montre qui a marqué l’histoire de l’horlogerie.

La Breitling Lip Navitimer s’inspire d’une autre référence Breitling sortie au début des années 40 : la Chronomat. Cette dernière, destinée à l’origine aux ingénieurs, avait introduit une règle à calcul circulaire dans une montre à chronographe.

Fort du succès rencontré par cette référence, Breitling conçoit en 1952 à destination des aviateurs cette fois-ci mais sur le même principe un outil de navigation complet.
C’est la naissance de la Navitimer – contraction de Navigation Timer – qui est à la fois une montre d’aviateur, un chronographe et une règle à calcul.

Cette dernière, à une époque où les calculatrices, GPS ou autres ordinateurs de bord n’existaient pas, permettait de réaliser rapidement les calculs nécessaires à la navigation à vue d’un avion, comme le temps restant avant une marque de parcours, un taux de descente ou encore une autonomie en carburant.
Elle connaît un succès immédiat et est tout de suite adoptée par l’AOPA (Aircraft Owner and Pilot Association) qui apposera son logo sur les Navitimer.

Le modèle porte la référence 806 et restera quasiment inchangé jusqu’à aujourd’hui.
Ses caractéristiques : un boîtier largement dimensionné pour l’époque avec des cornes longues et fines distinctives, un cadran très ouvert, une disposition en 3-6-9 des sous cadrans, des aiguilles fines, une large couronne et, pour finir, un mouvement manuel reconnu, le Venus 178 qui, malgré sa conception qui date des années 40, accompagnera le modèle jusqu’aux années 60.

 

Un succès qui ne se dément pas

Le succès ne se dément pas et Breitling procède au début des années 60 à quelques adaptations de ce modèle désormais phare pour la marque.

Le logo AOPA doré laisse place à un logo peint représentant deux avions stylisés en formation ; tous les index chiffres à l’exception du 12 disparaissent ; les sous cadrans deviennent blancs et une nouvelle lunette fait son apparition.

Les aiguilles glaives arriveront quant à elles quelques années plus tard.

Breitling surfe sur ce succès et lance la Cosmonaute (référence 809).
Il s’agit d’une Navitimer disposant d’un cadran sur 24h et d’index chiffres peints. Elle tournera en orbite au poignet de Scott Carpenter lors de la mission Aurora 7.

Les années 70 se révèleront beaucoup plus agitées pour la Navitimer.
Breitling choisit de remplacer le Venus 178 par le Valjoux 7740, ce qui permet l’apparition de la date sur la référence 7806.
Mais, la révolution du quartz balaie l’industrie horlogère.
La Navitimer, fleuron de Breitling, se retrouve notamment déclinée en modèles à quartz ou encore avec des affichages LED.
Malgré ces adaptations, la marque connaît de grandes difficultés qui mèneront à sa faillite.

Ernst Schneider rachète les marques Breitling et Navitimer. Sinn et Ollech & Wajs rachètent quant à eux les stocks de pièces et le droit de continuer à utiliser le dessin.
Ces deux dernières marques fabriquent encore aujourd’hui ces modèles sous les références 903 pour Sinn et Aviation pour O&W.

Le redémarrage des Navitimer n’aura réellement lieu qu’en 1986 avec la 81600, équipée d’un calibre Lemania 1872.
C’est le début de l’ère moderne des Navitimer. Le nouveau logo Breitling fait son apparition sur le cadran. La boîte et ses dimensions restent très proches et le rehaut devient plus profond.
Puis, le Valjoux 7750 prend majoritairement le relai en 1987 pour ne laisser la place qu’en 2011 au calibre de manufacture maison, le B01.

Au cours de cette période, la Navitimer sera modifiée pour être en configuration de sous cadrans 6-9-12 avant de revenir en 2003 au 3-6-9 original.

Lors de cette longue histoire, de nombreux modèles on été produits, de nombreuses éditions spéciales (patrouille de France), des complications (quantième perpétuel, phase de lune…), des modèles de dotation (Iraqi Air Force), des raretés (modèles des années 50 avec Valjoux 72), faisant de cette montre emblématique un thème de collection très prisé de certains amateurs.

 

La Breitling Lip Navitimer : un modèle rare

C’est l’un de ces modèles particuliers que nous vous présentons aujourd’hui avec cette Breitling Lip Navitimer.

Les exemples de Breitling rebadgées sont rares.

Pendant les années 60, Lip est la plus grande maison horlogère française.
Sa renommée importante lui permet de signer des accords de commercialisation avec Willy Breitling.

Les montres qui en seront issues, uniquement distribuées en France, sont des Navitimer classiques portant la référence 806 et arborant le logo Lip sur le cadran – sans aucune autre intervention horlogère de quelque nature que ce soit.
Mais ce simple détail esthétique ainsi que sa distribution limitée géographiquement et dans le temps en font un modèle relativement rare et lui confèrent un intérêt certain pour les collectionneurs.

Le modèle est équipé du Vénus 178 qui reste le mouvement de référence pour les Navitimer Vintage. Ce mouvement à remontage manuel de 14 lignes (31,3 mm) avec 17 rubis bat à 18.000 alternances par heure et dispose d’une réserve de marche de 38 heures.

Bonne nouvelle : la large diffusion de ce mouvement rend sa révision toujours possible, malgré son âge.

Le plexiglas de la montre est très bombé et prend place dans une lunette crénelée de dernière génération (dans l’histoire des vintage 806) qui offre une meilleure préhension que les premières dont les crans étaient arrondis – ces premières lunettes étant affublées de l’appellation grain de riz.

Le modèle présenté et photographié a ainsi une quarantaine d’années. Du vrai vintage !

 

Conclusion

La Navitimer aura 60 ans en 2012. C’est un dessin étonnamment moderne qui a traversé les années avec très peu de modifications.
Les modèles d’aujourd’hui ont certes pour eux une qualité de fabrication nettement supérieure.
Mais les modèles vintage, en particulier ces 806 très recherchées, ont un charme lié à leur patine et au poids de l’histoire.
Armez-vous de patiente et de renseignements, ces pièces sont rares mais pas introuvables !

 

Les + :

  • un dessin intemporel et unique
  • un mouvement reconnu et révisable encore aujourd’hui
  • la version originale d’un modèle toujours au catalogue

 

Les – :

  • comme sur toutes les montres vintage, attention aux pièces trafiquées

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