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test Jaeger-LeCoultre Geophysic 1958

La note de la rédaction
78 / 100
Jaeger-LeCoultre revisite à nouveau son riche passé horloger pour nous proposer une nouvelle interprétation d'une montre chargée d'histoire née en 1958 et disparue dans les années 1970 : la Geophysic.
L'essentiel

Jaeger-LeCoultre Geophysic 1958

Réf.: Q8008520
7,600.00 € Prix public conseillé en France au 25 septembre 2014
Marque Jaeger-LeCoultre
Modèle
Geophysic 1958
Référence constructeur
Q8008520
Boîtier (matière)
Acier
Diamètre boîtier (hors couronne)
38,50 mm
Diamètre boîtier (avec couronne)
40,89 mm
Mouvement
Automatique
Calibre
Jaeger-LeCoultre 898/1
Base calibre
Manufacture
Fonctions
Heure
Minute
Seconde
Verre
Saphir antireflets double face
Capacité de la réserve de marche
43h
Fond transparent
Non
Entre-cornes
19 mm
Longueur corne à corne
45,20 mm
Hauteur boîtier
11,35 mm
Etanchéité
100 m
Bracelet (matière)
Alligator
Boucle (type)
Ardillon
Boucle (matière)
Acier
Poids total
77 grammes
Prix public conseillé en France au 25 septembre 2014
7,600.00 €
Confort / Agrément (/15) 15
Mouvement (/20) 12
Optimisation / Décoration du mouvement (/5) 4
Agrément de manipulation et de réglage (/5) 5
Contrôle du mouvement par la Manufacture / distinctions diverses (/3) 2
Capacité de la réserve de marche (/2) 1
Complications (/5) 0
Finitions (/20) 17
Finitions cadran (/6) 5
Finitions boîtier (/6) 5
Qualité du travail de déco° / gravure du fond de boîte (/2) 2
Qualité du verre (/4) 3
Finitions de la boucle (interne et externe) (/2) 2
Fonctionnalité (/20) 16
Lisibilité diurne (/5) 5
Lisibilité nocturne (/4) 3
Etanchéité (/3) 1
Facilité de réglage et de changement du bracelet (/4) 3
Sécurité / solidité de la boucle (/4) 4
Bonus (/10) 5
Série limitée (/3) 1
Montre fournie avec plusieurs bracelets (/2) 0
Qualité de la boîte et de la sur-boîte (/1) 1
Portabilité avec manches de chemise fermées (/2) 2
Présence de "goodies" (/1) 0
Intelligibilité du booklet (/1) 1
Rapport qualité / prix (/15) 13
Pour quelles occasions ? Quand la porter ? Pour une visite du Pôle Nord !
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Jaeger-LeCoultre Geophysic : naissance d’une légende

La Geophysic, au même titre que la Jaeger-LeCoultre Reverso, est un modèle prisé
des collectionneurs de montres vintage – profitez-en pour découvrir les collections actuelles
et les prix Jaeger-LeCoultre.

Pour comprendre cet engouement, il faut remonter à la genèse de cette montre et donc à la fin des années 50.

Inspirée par l'AGI, Jaeger-LeCoultre décide de concevoir une montre à l'attention de la communauté scientifique, le Chronomètre Geophysic, qui permettra non seulement de célébrer l'AGI mais également les 125 ans de la marque. Ci-dessus l'un des modèles originaux (1958).

En 1957, Jaeger-LeCoultre organise une réunion interne pour anticiper les collections qui seront dévoilées à l’occasion des 125 ans de la Manufacture qui seront célébrés en 1958.

Parallèlement, l’Année Géophysique Internationale doit se tenir cette même année.
Il s’agit d’un programme de recherche parrainé par l’UNESCO réunissant 67 nations de l’Ouest et de l’Est destiné à acquérir une meilleure connaissance de la Terre et des interactions entre notre planète et le Soleil.

On retiendra notamment que les recherches entreprises dans ce cadre vont sonner le vrai départ de l’exploration spatiale, confirmer le mouvement des plaques tectoniques ou encore marquer le départ de la mise en œuvre de stations polaires en antarctique.

Chaque nation participante cherchant à marquer l’AGI, les Etats-Unis affrètent les sous-marins à propulsion nucléaire USS Nautilus et USS Skate qui vont s’élancer de Pearl Harbour dans le plus grand secret.
Leur mission ? Relier l’Océan Pacifique et l’Océan Atlantique par la voie la plus courte : en passant sous le Pôle Nord.

Il leur faudra trois jours de navigation – dont une partie s’effectue à vue compte tenue des perturbations engendrées par les champs magnétiques sur les appareils de pilotage des sous-marins – pour réussir cet exploit.

56 ans plus tard, alors que la production du modèle original a été stoppée depuis les années 70, Jaeger-LeCoultre revisite son histoire pour en proposer une version contemporaine : la montre Geophysic 1958.

Jaeger-LeCoultre produit à l’époque aussi bien des compteurs pour les avions et les automobiles que des montres-bracelets à destination de divers publics (civils, militaires, sportifs…).
Inspirée justement par l’Année Géophysique Internationale, la marque décide ainsi de concevoir une montre à l’attention de la communauté scientifique : il s’agit du Chronomètre Geophysic.

Cette montre rassemble ce que Jaeger-LeCoultre sait faire de mieux, qu’il s’agisse de la montre elle-même ou du mouvement qui la motorise : précision avec une certification Chronomètre pour le calibre 478 BWSbr qui la propulse, résistance (aux champs magnétiques et aux chocs), étanchéité et esthétique en offrant une lisibilité optimale.

Le Canton de Genève ayant pour habitude d’offrir des montres aux grands hommes pour promouvoir l’horlogerie suisse à travers le monde, les Commandants des deux sous-marins se voient récompenser de leur exploit par une Jaeger-LeCoultre Geophysic.
Cette dernière a en effet été désignée par l’Observatoire de Neuchâtel comme étant la montre suisse la plus précise jamais produite.

C’est ainsi que la Geophysic entre dans la légende.

Malgré ses caractéristiques rares pour l’époque, Jaeger-LeCoultre produira un nombre de pièces restreint (à peine plus de 1.000 exemplaires) et stoppera sa production dans les années 70 – ce qui explique la rareté du modèle sur le marché des montres d’occasion aujourd’hui et son réel intérêt auprès des amateurs de montres anciennes.

 

Geophysic 1958 : une montre vintage contemporaine

Restée dans les tiroirs pendant le SIHH 2014, Jaeger-LeCoultre revenait sur le devant de la scène horlogère en avril dernier pour annoncer la renaissance de cette montre de sport chic à travers trois séries limitées qui viennent tout juste d’arriver en boutique.

Vous pourrez ainsi acquérir au choix une version platine proposée à 58 exemplaires, une en or rose à 300 exemplaires ou une en acier éditée à 800 exemplaires.

Jaeger-LeCoultre dévoilait en avril dernier la renaissance de cette montre de sport chic à travers trois séries limitées qui viennent tout juste d'arriver en boutique : platine (58 ex.), or rose 18ct (300 ex.) et acier (800 ex.).

Très créative comme en témoigne son catalogue,
la Grande Maison est par ailleurs, forte de plus de 180 ans d’histoire, une habituée des rééditions de modèles anciens.
Il faut bien avouer que les Jaeger-LeCoultre Tribute to Reverso 1931, Deep Sea et autre Polaris ont démontré la capacité de ses designers à moderniser avec réussite ces montres de légende pour en proposer autre chose que des rééditions pures et simples.

C’est une nouvelle fois le cas avec cette version acier de la Geophysic 1958.

Les proportions du modèle historique ont été revues à la hausse, passant raisonnablement de
34 ou 35mm suivant les références à 38,5mm pour cette version 2014 – un ajustement parfaitement dosé qui fait de la Geophysic version 2014 une montre automatique qui s’adaptera à toutes les tailles de poignet.

Sa boîte est d’ailleurs l’une des réussites du modèle.
Ses lignes et ses proportions sont élégantes, avec une épaisseur contenue de 11,35mm.

La finition de la Geophysic 1958 n’est pas en reste avec une alternance de brossé, satiné, et de poli – sans oublier son fond plein très joliment gravé, le tout parfaitement exécuté.
Ses lignes, caractéristiques du modèle, lui confèrent un caractère à la fois classique et racé et une véritable personnalité.

Les designers de la nouvelle Geophysic 1958 ont opté pour un cadran blanc à la texture grenée, offrant ainsi au modèle un cadran lumineux qui, tout en captant la lumière, permet de casser les reflets gênants.

Côté cadran, c’est sur le blanc que le choix de la Manufacture s’est arrêté – comme sur les modèles d’origine.
Cette couleur peut parfois se révéler dangereuse parce que potentiellement un peu terne et sans relief.

Afin d’éviter cet écueil, les concepteurs ont opté pour une texture grené pour le cadran – qui n’est au passage pas sans rappeler celle de la Jaeger-LeCoultre Duomètre UTT.

Il en résulte un très beau cadran lumineux qui, tout en captant la lumière, permet de casser les reflets qui pourraient gêner la lecture de l’heure.

Il met par ailleurs en valeur les index chiffres et bâtons.

Réalisés très finement comme sur le modèle d’origine, ces index sont facettés, rhodiés et polis et offrent ainsi une excellente lisibilité diurne.

 

Polyvalence, élégance et fiabilité

Afin de parfaire le côté vintage de cette montre classique par ailleurs, Jaeger-LeCoultre reprend les aiguilles glaive des modèles d’origine et les enduit d’une matière luminescente couleur coquille d’œuf – un clin d’œil qui saura séduire les amateurs de montres anciennes.

Une originalité bien vue pour finir : plutôt que de faire le choix d’index luminescents qu’il aurait fallu agrandir pour l’occasion, les équipes de Jaeger-LeCoultre ont eu la bonne idée de placer des points luminescents sur le rehaut interne de la montre.

Afin d'offrir à cette Jaeger-LeCoultre Geophysic 1958 une lisibilité nocturne convaincante sans dénaturer le modèle d'origine, la marque a eu l'idée de rythmer le rehaut interne du cadran de petits points luminescents. Discret et efficace !

Particulièrement discrets le jour, ils permettent de rester fidèle au modèle d’origine tout en s’avérant très efficaces de nuit. Bien vu.

Il résulte de l’ensemble une montre habillée, fine, mais dotée d’un réel caractère.
A l’aise bien sur au bureau avec un costume, bien aidée en cela par la sobriété de son design et par
le bracelet en alligator noir qui l’habille, la
Jaeger-LeCoultre Geophysic 1958 se porte d’autre part facilement sur des tenues plus décontractées.

Côté modernité justement, le saphir est venu remplacer le plexiglas pour plus de résistance et son étanchéité de 100m vous permettra de la porter en toutes circonstances – y compris à la plage pour vous baigner sous réserve d’en changer au préalable le bracelet.

D’un point de vue mécanique, la Geophysic des années 50 avait été récompensée par l’Observatoire de Neuchâtel pour sa précision.
Il n’était dès lors pas envisageable pour la Grande Maison de ne pas viser l’excellence avec cette version 2014.

La Manufacture de la Vallée de Joux a dès lors choisi de motoriser la Geophysic 1958 avec le calibre automatique 898/1.

Ce mouvement, lancé en 2013 par Jaeger-LeCoultre et dérivé du 899 – qui équipe certaines Master Ultra Thin, rassemble comme son prédécesseur des années 50 ce que la Grande Maison sait faire de mieux en la matière : remontage automatique à roulement à billes céramiques sans lubrification, haute fréquence (28.800 alt/h), cage en fer doux, kifparechoc (résistance aux chocs), stop seconde, balancier avec réglage micrométrique par des vis sur la serge, engrenages Spyr…

Caché derrière un fond plein joliment décoré, la Geophysic 1958 embarque le fiable et précis calibre Jaeger-LeCoultre 898/1 dont l'épaisseur ne dépasse pas les 3,3mm.

Fin avec une épaisseur de seulement 3,3mm, éprouvé et précis, le calibre 898/1 offre une réserve de marche de 43h.

Enfin, afin de succéder dignement à son aînée, cette nouvelle Geophysic 1958 a reçu d’autre part un soin tout particulier pour son réglage chronométrique.
Elle offre ainsi, via le célèbre 1000 Hour Control caractéristique des productions Jaeger-LeCoultre, une dérive entre -1 et +4 secondes par jour – versus, à titre de comparaison, une dérive de -4 et +6 secondes par jour pour les mouvements certifiés chronomètre par le COSC.

Enfin, il convient de préciser que, bien que caché derrière son joli fond plein, le calibre 898/1 bénéficie de finitions impeccables.

 

Conclusion

Avec cette Geophysic 1958, Jaeger-LeCoultre démontre une fois de plus son savoir-faire et la richesse de son histoire.
Cette modernisation du modèle historique, avec ces trois éditions limitées, est en effet une belle réussite.
Montre de collectionneurs, elle saura également séduire le néophyte à la recherche d’une élégante montre polyvalente et fiable.
Elle prouve par la même occasion, s’il en était besoin, que les bons dessins ne se démodent jamais…
Attention : série limitée !

 

Le + :

  • une montre contemporaine chargée d’histoire
  • sa qualité de réalisation, caractéristique des productions de la marque
  • son très joli cadran
  • un modèle élégant d’une grande sobriété
  • une montre polyvalente
  • son calibre

 

Les – :

  • un diamètre que certains trouveront sans doute trop réduit au regard de certaines productions actuelles
  • un cadran qui pourra peut-être paraître trop sage aux yeux de certains

 

Informations complémentaires :

  • la montre Jaeger-LeCoultre Geophysic 1958 en acier est une édition limitée à 800 exemplaires. La marque la décline par ailleurs en une version en or rose 18ct (300 pièces – Prix public = 16.600 €) et en une version platine bénéficiant d’un cadran différent (édition limitée à 58 exemplaires – Prix public = 25.700 €)
  • poignet du rédacteur / testeur = 17,5 cm

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