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Couteaux La passion des couteaux : parole de collectionneur

Jargon similaire, matériaux identiques, traitements de surfaces et finitions très proches : horlogerie et coutellerie se ressemblent et passionnent. Découvrez la parole d’un collectionneur.

Avis au lecteur :

Horlogerie et coutellerie sont deux mondes parallèles dont les routes se croisent pourtant souvent : lexique commun (platine, guillochage, estampage…), matériaux identiques (acier, carbone, titane, laiton…), types de finition (polissage, sablage…), artisanat, travail dans l’infiniment petit et amour du détail, … etc.
Objets de collection et de passion, comme les montres, nous vous proposons de vous initier à l’univers magique des couteaux avec un premier sujet consacré à la naissance de cette passion chez son auteur, Alain Ducasse.

 

Aux origines de ma passion pour les couteaux

Ce fut certainement mon premier couteau. Le fondateur d’une passion. Le couteau de Rahan, fils de Crâo, cadeau Pif Gadget, offert avec le numéro 1045.
Certainement le plus beau des gadgets, avec le Collier de Griffes, les Boaks qui lancent (un lance pierre), et la Bague du Tigre, avec Hong-Kong écrit au dos.

Car, sans le savoir, ce petit couteau en plastique s’est imprimé dans ma caboche d’ado et est à l’origine d’une large famille.

Depuis cette époque, je récupérais toute lame rouillée, tout modèle oublié sur une table, déniché dans un vide grenier ou sur un étal de marché artisanal.
Aiguisés, graissés, polis, ils retrouvaient une nouvelle fonction.

Couteau Laguiole double

Collection commencée sans un sou, j’ai maintenant plus d’une centaine de couteaux artisanaux.
Des classiques : Laguiole, Thiers, Nontron, Langres, Coursolle.
Des corses : Antonini et Ceccaldi.
Des italiens : Scarpéria, Maremanno ou Abbruzzeze.
Quelques belles pièces de forgerons finlandais, norvégiens ou suédois.
Ainsi qu’une ou deux lames japonaises.

Mais j’ai aussi du bien ordinaire. Comme cette série de serpettes achetées au souk d’Istanbul, taillées dans des boîtes de conserve.

Et puis, comme il se doit, j’ai fait la part belle dans ma passion à des couteaux uniques et hétéroclites, forgés par des artisans souvent néo-ruraux amateurs – des pièces rarement parfaites mais toujours géniales.

Alors chaque matin je choisis le couteau qui m’accompagnera dans la journée.
Chaque usage justifie son choix et comme dans un sérail, chacun aura son tour.
Plaisir sensuel de la main, plaisir de l’outil parfait, plaisir de la patine qui se fait, respect pour le travail et le talent de l’artisan. Une satisfaction quotidienne.

La suite de cet article ci-dessous…

Chaque couteau a son histoire…

Dans ma collection, chaque couteau a son histoire qui résonne en moi.

Comme ce modèle inspiré du couteau de Rahan, fabriqué de mes mains avec une lame forgée, issue d’un lot acheté à Stockholm et montée sur une côte de vieux sanglier solitaire, desséchée et délavée par des années de soleil et de pluie, trouvée sur les plateaux du causse Méjean.

Le couteau de Rahan d'Alain DucasseChaque coutelier a son originalité.

Lors de la monstrueuse tempête du 26 décembre 1999, des arbres impressionnants furent déracinés, entre autres dans le parc de Versailles où un coutelier intuitif a acheté les plus belles souches.
Dont celle d’un tulipier planté par Marie-Antoinette en 1783, au Petit Trianon.

Issus de cette souche, le coutelier Guy Vialis a fabriqué 1.755 couteaux – un chiffre en l’honneur de la date de naissance de Marie-Antoinette.

Couteau Guy Vialis

Tous les symboles sont là : fleur de Lys sur la virole, initiales en cursives, A dans M, pour Marie-Antoinette sur la lame et chaque exemplaire est numéroté.
Et bien sûr, superbe manche en tulipier Royal.

Ce couteau est beau et bien fait – ce qui est la moindre des choses. Mais il raconte aussi une superbe histoire qui fait rêver.

Un peu comme ces manches faits en défense de mammouth que l’on voit de plus en plus, le permafrost dans lequel elles étaient prisonnières fondant en raison du réchauffement climatique et libérant ainsi l’ivoire.
Enfin un vrai couteau de Rahan !

Autre couteau qui mérite l’attention : un laguiole double.
Probablement une pièce unique – en tout cas je n’en ai jamais vu de pareille.

Taille de 12cm, deux mitres en cuivre, manche en ivoire, double abeille, superbement guilloché, une grande lame carbone de 10cm, une petite de 4,5cm, un tire-bouchon, un décapsuleur, une minuscule mèche à vis et un poinçon …

Couteau Laguiole double replié

Le chef-d’œuvre de réception d’un compagnon coutelier, signé VF sur deux fusils à aiguiser à mèche ovale, croisés sur une médaille.
Probablement le couteau qui me tient le plus à cœur. Talent, complication, patience, équilibre, beauté, rareté. Tout y est.

Je vous donne rendez-vous très bientôt pour la suite de mes aventures coutelières !

 

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3 Commentaires
Alcapone34 : Jolis couteaux, j’en ai aussi quelqu’uns!
Andy : Très cool cette découverte. Merci
GILLES GIACHINO : Ca donne envie, mais non, une folie, celle des montres suffit.
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