Jaeger-LeCoultre Geophysic 1958 - Interview Janek Deleskiewicz

Par Pierre Gisclard, le 13 octobre 2014
A l'occasion du lancement de la très réussie Jaeger-LeCoultre Geophysic 1958, Janek Deleskiewicz, Directeur Artistique & Design de la Manufacture de montres de luxe, répond à nos questions. Exclusif ! Partager cette Actualité

Diaporama = 15 photos
+ explorez par ailleurs les collections et les prix Jaeger-LeCoultre
+ découvrez notre Test Jaeger-LeCoultre Geophysic 1958

Jaeger-LeCoultre annonçait en avril dernier la sortie pour la rentrée 2014 de la Geophysic 1958.
Disponible en boutiques depuis septembre, cette montre automatique contemporaine, produite en hommage au Chronomètre Geophysic développé par la Grande Maison pour célébrer l'Année Géophysique Internationale (AGI) qui se tient en 1958, est une pièce chargée d'histoire.

Janek Deleskiewicz, Directeur Artistique & Design de la Grande Maison, revient pour nous sur cette étonnante histoire et sur la naissance des trois éditions limitées 2014. 

__________________________

Les sous-marins USS Nautilus et USS Skate accomplissent en 1958, à l'occasion de l'Année Géophysique Internationale, l'exploit de relier l'Océan Pacifique à l'Océan Atlantique en passant sous le Pôle Nord.

The Watch Observer (TWO) :
Pour quelle(s) raison(s) la Maison Jaeger-LeCoultre célèbre-t-elle l'AGI en 1958 en proposant une montre ? Quels sont les liens entre cet événement international et la marque ?
Janek Deleskiewicz, Directeur Artistique & Design Jaeger-LeCoultre :
La Maison Jaeger-LeCoultre a toujours disposé d'un service de recherche et d'ingénieurs travaillant au développement de nos montres avec un objectif permanent : celui de proposer des modèles adaptés aux besoins de nos clients.
En parallèle, la marque a toujours fait preuve d'une grande ouverture sur le monde.
Or, on sait que l'Année Géophysique Internationale donnera lieu à des exploits de tous types de la part des 67 nations participantes qui vont chercher à la marquer.
Jaeger-LeCoultre, qui produit aussi bien des montres que des compteurs d'avions ou d'automobiles à cette époque, décide en 1957 de produire une montre à l'attention de la communauté scientifique. Il s'agit du Chronomètre Geophysic, une montre qui concentre ce que la Grande Maison sait faire de mieux à l'époque.
Cette montre viendra non seulement célébrer les 125 ans de la marque mais également l'AGI.
Il est d'ailleurs amusant de voir que l'écrin original du Chronomètre Geophysic est un Spoutnik - donc sans aucun rapport avec la suite de l'histoire de cette montre.

TWO :
Pourquoi le Canton de Genève choisit-il alors de récompenser les Commandants des sous-marins à propulsion nucléaire USS Nautilus et USS Skate (NDLR : ces deux sous-marins réalisent un exploit à l'occasion de l'AGI en passant pour la première fois de l'Histoire sous le Pôle Nord afin de relier l'Océan Pacifique et l'Océan Atlantique) en leur offrant à chacun un Chronomètre Geophysic Jaeger-LeCoultre ?
Janek Deleskiewicz, Jaeger-LeCoultre :
Le Chronomètre Geophysic de Jaeger-LeCoultre est à l'époque la montre la plus précise jamais produite, une information confirmée par l'Observatoire de Neuchâtel.
Or, souhaitant promouvoir l'horlogerie helvétique, le Canton de Genève a pour habitude d'offrir des montres aux grands hommes de ce monde - en particulier aux Présidents qui viennent en visite en Suisse.
C'est donc tout naturellement que le Canton de Genève, souhaitant rendre hommage à l'exploit réalisé par les Commandants William R. Anderson et James F. Calvert, leur offre à chacun un Chronomètre Geophysic.
Cette montre Jaeger-LeCoultre, dont l'une des caractéristiques est d'être amagnétique, aurait d'ailleurs eu parfaitement sa place au cours de cette traversée épique !
En effet, sur les trois jours de navigation nécessaires pour rejoindre Portsmouth au départ de Pearl Harbour, une partie s'est effectuée à vue compte tenu des perturbations engendrées par les champs magnétiques sur les instruments de navigation des deux sous-marins.

Rendant hommage au Chronomètre Geophysic de 1958, Jaeger-LeCoultre vient d'éditer trois séries limitées sous le nom Geophysic 1958.

TWO :
Quels sont les choix qui ont présidé à la création de ces trois montres hommage et pourquoi proposer trois séries limitées ?
Janek Deleskiewicz, Jaeger-LeCoultre :
Le Chronomètre Geophysic original a été édité à l'époque par Jaeger-LeCoultre avec deux cadrans différents dont l'un - celui qui correspond à la version platine actuelle - est très rare sur le marché des montres d'occasion.
Nous avons donc choisi de reprendre ces deux cadrans et de réserver le plus rare à l'édition platine que nous proposons en série limitée à 58 exemplaires. L'autre cadran vient habiller les versions acier (800 exemplaires) et or rose (300 exemplaires).
Le choix de proposer trois séries limitées s'explique par notre souhait de coller au plus près au nombre de Chronomètre Geophysic effectivement produits par Jaeger-LeCoultre à l'époque.
Et la totalité de la production de modèles originaux n'excède pas les 1.158 Jaeger-LeCoultre Geophysic 1958 prévues en 2014.

Sachant qu'il est possible que la Geophysic 1958 donne naissance à une nouvelle collection dans le catalogue Jaeger-LeCoultre.

Une affaire (peut-être) à suivre lors du SIHH 2015 !