Girard-Perregaux Echappement Constant : une montre révolutionnaire

Par The Watch Observer, le 27 mars 2013
Il aura fallu 5 années de R&D pour créer et fiabiliser l’Echappement Constant, une innovation co-signée Girard-Perregaux / CSEM. La Manufacture dévoile dans la foulée le 1er modèle qui en est équipé. Partager cette Actualité

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Cinq années de recherche et développement ont été nécessaires pour donner naissance à l’Echappement Constant. Désormais concret et fiable, il intégrera dorénavant les mouvements qui équipent les prochains modèles de montres Girard-Perregaux de la collection Haute Horlogerie.
Outre le clin d’œil à Constant Girard-Perregaux, figure historique de la Maison, son nom renvoie surtout à une notion qui obsède depuis toujours le monde de l’horlogerie mécanique : la force constante, le sujet étant la précision mais également la régularité de la marche d’une montre mécanique.

Quelques rappels techniques basiques : au cœur du mouvement d’une montre mécanique se trouve l’organe réglant. Sa vocation est de réguler l’énergie reçue du barillet afin d’animer le train de rouage et la vitesse de rotation des aiguilles de la montre. La question centrale concerne ainsi la régularité des battements de ce cœur dans la durée.
Après quelques tâtonnements, c’est l’échappement à ancre suisse qui s’est imposé dans les montres-bracelets. Ce système se contente cependant de restituer simplement l’énergie qu’il reçoit du barillet - cette dernière, trop forte au début, diminue au cours des années pour finir par devenir trop faible. Or, c’est cette énergie qui définit la précision chronométrique de la montre.

Cinq années de R&R ont été nécessaires pour donner naissance à l’Echappement Constant. Désormais fiabilisé, il intégrera dorénavant les mouvements qui équipent les prochains modèles de montres Girard-Perregaux de la collection Haute Horlogerie.

L’idée géniale de l’échappement à force constante prend ici tout son sens : l’échappement restitue en effet une énergie constante au régulateur, quelle que soit l’énergie du barillet.
De quelle manière ? Il a été intégré à l’échappement un dispositif intermédiaire (qui comprend une lame d’une incroyable finesse) qui a pour vocation d’accumuler l’énergie jusqu’à un seuil proche de l’instabilité toujours identique et qui la transmet instantanément dans son intégralité, avant de recommencer.

La lame en silicium, d’une dimension d’1/6ème de cheveu, fait office de micro-accumulateur d’énergie. Elle est armée à un point le plus proche possible de son état instable, une quantité infinitésimale d’énergie suffisant à la faire passer d’un stade à l’autre. Elle profite de ce mouvement pour relancer le balancier et compenser l’énergie variable du barillet en libérant à chaque fois la même quantité d’énergie.
Le système dévoilé par Girard-Perregaux est un authentique échappement à force constante, cette dernière étant instantanée et continue.
La lame est solidaire d’un cadre qui la tient aux deux extrémités et joue un rôle décisif par le verrouillage extrêmement précis du point de contact où s’exercera la micro-impulsion qui la fera basculer instantanément. Derrière ce principe de prime abord simple se cache l’exigence d’une précision absolue dans la réalisation. Cette dernière a été rendue possible par l’utilisation du silicium et l’appel à de nouvelles techniques de fabrication des composants, telle que la gravure profonde (DRIE). Le partenariat avec le Centre Suisse d'Electronique et de Microtechnique / CSEM à Neuchâtel a été déterminant en la matière.
En effet, la théorie horlogère étant inopérantes à ce niveau-là, des physiciens de haut niveau ont mené les calculs complexes pour déterminer les caractéristiques de la lame, le point de bascule étant tributaires de multiples facteurs. Il en est résulté que la structure du dispositif comprenant la lame est monolithique. Cette dernière est comme en lévitation et, sauf au moment de l’impulsion et de l’armage de la lame, ne subit aucun frottement. La transmission de l’énergie de la lame donnée en retour au balancier est ainsi directe.

Inaugurant la collection de Haute Horlogerie Echappement Constant, la montre Girard-Perregaux Echappement Constant se distingue par un dessin à la fois technique et contemporain.

Dans la mesure où la lame est l’élément central de l’Echappement Constant, la vision de sa vibration a présidé au choix de la fréquence - qui s’établit à 21.600 alternances par heure (soit 3 Hz).
Les 2 roues d’échappement diffèrent de celle qui caractérise l’échappement à ancre, comptant 3 dents pour une fréquence de 3 Hz - elles en comporteraient 4 pour monter à 4 Hz.
L’indicateur de réserve de marche linéaire - elle est d’environ 1 semaine - côté cadran témoigne de l’efficience de cet échappement sur la durée.
Cette autonomie de 7 jours est fournie par 2 barillets couplés en parallèle dont la conception nouvelle a fait l’objet de dépôt d’un brevet : le couvercle et le rochet ne font qu’une seule pièce afin de maximiser la hauteur disponible et chaque tambour contient 2 ressorts superposés en série.
L’Echappement Constant a fait l’objet de 2 autres dépôts de brevet : l’un pour la lame et l’autre pour l’intégration de butées dans un système flexible.
L’esthétique du mouvement dans sa globalité se veut technique (les ébauches du mouvement en laiton sont revêtues de PVD noir par exemple) et tridimensionnelle. Elle conjugue cependant aussi la tradition, faisant référence aux icônes de la Marque, dont ses fameux trois ponts disposés de manière inédite côté face. On retrouve deux ponts flèches côté pile.
Dernier point qui témoigne d’un mouvement pensé dans la durée, passage au SAV inclus : l’échappement étant un module, il pourra être pris en main par un horloger spécialisé.

Inaugurant la collection de Haute Horlogerie Echappement Constant, la montre Girard-Perregaux Echappement Constant se distingue par un dessin à la fois technique et contemporain, agrémenté d’un clin d’œil aux codes de la Marque et à sa tradition créative.

Spécifications techniques :
Montre Girard-Perregaux Echappement Constant
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Référence = 93500-53-131-BA6C
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Boîtier en or blanc de 48mm de diamètre sur 14,63mm d’épaisseur
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Lunette satinée circulaire avec intérieur satiné
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Verre saphir antireflets bombé
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Cadran argenté grené avec appliques rhodiées et aiguilles de forme dauphine
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Fond saphir fermé par 6 vis et décoré de gravures main
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Calibre Girard-Perregaux MVT-009100-0007 = mouvement mécanique à remontage manuel (17½’’’ - 271 pièces - 28 rubis - 21.600 Alt/h - réserve de marche = environ 7 jours)
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Bracelet en alligator noir fermé d’une boucle déployante
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Etanchéité de la montre = 30m