Chopard L.U.C Flying T Twin : le tourbillon fait son premier envol

Par Olivier Müller, le 9 avril 2019
C’est une série limitée qui embarque de belles premières et qui, d’ores et déjà, porte en elle ce que pourraient être de prochains modèles de la collection L.U.C. Découverte d’un millésime à retenir. Partager cette Actualité

Diaporama = 2 photos Live

La collection L.U.C (pour Louis Ulysse Chopard) est, pour la manufacture, l’expression la plus aboutie de son savoir-faire horloger.
Son fil conducteur ne s’est jamais rompu : travailler - et faire progresser - l’horlogerie de fibre classique, voire patrimoniale.
Les boîtiers sont ronds, les finitions sont séculaires, les complications traditionnelles : la collection L.U.C fleure bon le classicisme horloger, à l’image des Patrimony de Vacheron Constantin ou des Calatrava de Patek Philippe.

La nouvelle Flying T Twin ne fait pas exception.
Son postulat est très clair : cette montre automatique haut de gamme n’introduit rien de nouveau en horlogerie, mais des éléments novateurs pour Chopard.

Contrairement au tourbillon traditionnel, le tourbillon volant possède une cage qui n'est tenue que par son seul pont inférieur, sans pont supérieur. Il n’est donc maintenu que par le dessous et donne ainsi l'impression qu'il flotte dans le vide - d'où son nom de tourbillon volant.

Il s’agit en l’espèce d’un tourbillon volant et d’un double barillet, le tout dans un boîtier en or éthique.
Tous ces éléments sont connus mais leur association au sein d’un calibre L.U.C est nouvelle.

Si le tourbillon traditionnel est une invention de Breguet en 1801, le tourbillon volant est né bien plus tardivement, en 1920, par la main d’Alfred Helwig.
C’est une variante du tourbillon traditionnel.
Sa vocation (compenser les effets de la gravité sur le balancier par une rotation de la cage qui le renferme) est donc inchangée.

Cela dit, contrairement au tourbillon traditionnel, le tourbillon volant possède une cage qui n'est tenue que par son seul pont inférieur, sans pont supérieur.
Il n’est donc maintenu que par le dessous et donne ainsi l'impression qu'il flotte dans le vide - d'où son nom : tourbillon volant.

C’est une complication particulièrement appréciée pour son côté esthétique, ce que les marques horlogères accentuent en squelettant parfois la platine qui le supporte - ce qui n’est toutefois pas le cas dans Flying T Twin.

L’autre particularité de la Flying T Twin est la construction de sa réserve de marche (65 heures).
Elle est rendue possible par le double barillet propre à Chopard : deux barillets superposés, pour un encombrement minimal et un rendu chronométrique optimal – la pièce est d’ailleurs certifiée COSC.
C’est la technologie Twin.

65 heures (presque trois jours) est un niveau tout à fait satisfaisant pour une pièce qui, de toutes manières, est automatique et sera donc remontée en permanence par les mouvements du poignet.

Enfin, dernière particularité de la L.U.C Flying T Twin : sa boîte est réalisée en or éthique, dit Fairmined.
Chopard fut la première manufacture à proposer des pièces en or équitable, assurant sa traçabilité et des conditions d’exploitation responsables - avec une avance qui reste considérable sur le reste du marché.

Cette possibilité est facilitée par le fait que Chopard possède sa propre fonderie d’or - à l'instar de Rolex par exemple (explorez les prix et collections Rolex).
Aujourd’hui, 100% de ses bijoux et montres, dont cette L.U.C Flying T, sont en or Fairmined.

Le tourbillon volant est une variante esthétique du tourbillon. Ce qui fait la pertinence de la L.U.C Flying T Twin n’est ainsi pas le caractère révolutionnaire de son mouvement mais le fait qu’il soit le premier, chez Chopard, à être doté d’un tel échappement.

On parlait au commencement de cette procédure d’un surcoût de 20% sur le produit final, Chopard en prenant la moitié à sa charge.
Maintenant que la production d’or Fairmined est généralisée à l’ensemble du Groupe (bijoux et montres), il est fort à parier que le surcoût dû au Fairmined de l’or est devenu négligeable, avec la satisfaction, certes personnelle, de réaliser un achat éthique et moralement responsable - un critère auquel les jeunes collectionneurs sont sensibles.

La certification Poinçon de Genève vient encore relever la qualité de l’ouvrage, grâce à la finition appliquée au cadran guilloché (en or massif) ou au mouvement visible côté fond.

Mon avis :

Le tourbillon volant est une variante esthétique du tourbillon.
Ce qui fait la pertinence de la L.U.C Flying T Twin n’est ainsi pas le caractère révolutionnaire de son mouvement mais le fait qu’il soit le premier, chez Chopard, à être doté d’un tel échappement.

D’emblée, la pièce se destine donc à deux types de collectionneurs : ceux séduits par cette nouvelle esthétique du tourbillon et ceux qui aiment à collectionner les premières de la manufacture - de surcroît accompagnées du prestige d’être en série limitée.
En somme, les aficionados déjà convertis à la collection L.U.C.

Une réserve à propos de cette dernière : sa propension à l’embonpoint, voire à l’emphase.
La collection L.U.C de Chopard comporte en effet à date plus de 200 références.
Ce caractère pléthorique est discutable : le collectionneur averti - celui qui lorgne donc vers les L.U.C, encore plus vers ce type de pièce à tourbillon volant - ne recherche que l’exclusif, le rare et, si possible, les pièces numérotées.
Amasser 200 références courantes L.U.C. vient diluer cette exclusivité... et par voie de conséquence, affaiblir la portée d’une 201ème référence comme la Flying T Twin, si prestigieuse soit-elle.
Un peu de retenue, voire de rationalisation des gammes, ne serait pas de trop pour que cette L.U.C Flying T Twin puisse émerger avec l’éclat qui lui est dû.

Caractéristiques techniques et Prix de vente :
Chopard L.U.C Flying T Twin
- Réf. 161978-5001 / Série limitée à 50 exemplaires
- Montre certifiée Poinçon de Genève
-Boîtier en or rose éthique 18 carats certifié Fairmined
- Dimensions = 40,00mm (Ø) x 7,20mm (épaisseur)
- Glace saphir antireflets
- Fond saphir transparent
- Etanchéité = 30 mètres
- Cadran en or massif avec surface gris ruthénium réalisée par traitement galvanique - Tour d’heure azuré à cercles concentriques - Index et bague du tourbillon en applique, dorés or rose 18 carats - Médaillon central guilloché main d’un motif alvéole
- Aiguilles dauphines fusées dorées pour les heures et les minutes - Aiguille triangle blanche pour la petite seconde fixée sur la cage de tourbillon volant
- Mouvement mécanique à remontage automatique, Cal. L.U.C 96.24-L : 190 composants - Diamètre = 27,40mm - Epaisseur = 3,30mm - 25 rubis - 25.200 A/h (3,5Hz) - Réserve de marche = 65 heures - Tourbillon volant réalisant une rotation par minute - Deux barillets - technologie Twin - Remontage par micro-rotor en or 22 carats gravé - Ponts décor Côtes de Genève - Fonction stop-seconde - Spiral à courbe terminale plate - Certifié Chronomètre (COSC)
- Bracelet en alligator noir mat teint par des pigments végétaux (certifié CITES), cousu main, doublure en alligator cognac
- Boucle ardillon en or rose 18 carats
- Prix de vente = 109.000 €