BREAKING NEWS - Watches & Wonders annulé, quid de Baselworld 2020 ?

Par Pierre Gisclard, le 27 février 2020
On pouvait certes s’y attendre compte tenu de la psychose ambiante mais la nouvelle a tout de même surpris ce matin : Watches & Wonders vient d’être annulé (et non reporté). Quid de Baselworld 2020 ? Partager cette Actualité

UPDATE 28/02/20 : Dans la foulée de Watches & Wonders, Baselworld vient d'officialiser l'annulation de son édition 2020.

La nouvelle tombée ce matin n’aura pas franchement surpris : la Fédération de la Haute Horlogerie, plus connue sous l’acronyme FHH, organisatrice du SIHH rebaptisé cette année Watches & Wonders Geneva, vient d’annoncer l’annulation pure et simple de son salon (initialement prévu du 25/04 au 29/04/2020 inclus).
Un report à septembre 2020 avait été envisagé ces derniers jours, l’extension au-delà des frontières de la Chine et l’arrivée en Europe du virus Covid-19 et les perspectives incertaines de maîtrise de l’épidémie ayant eu raison des solutions de repli envisagées.

Exit donc Watches & Wonders 2020 et la présentation de leurs nouveautés par les 31 marques exposantes programmées parmi lesquelles IWC, Panerai, Montblanc, Jaeger-LeCoultre ou encore, côté marques indépendantes, MB&F, Laurent Ferrier ou encore Ressence.

La bonne nouvelle, c’est que l’annulation de cette grand-messe horlogère genevoise ne changera rien pour vous, amateurs de montres.

D’abord parce que les maisons concernées vont quand même produire les nouvelles collections qu’elles devaient présenter à Watches & Wonders 2020.

C’est officiel : Watches & Wonders 2020 est annulé et, par voie de conséquence, la présentation de leurs nouveautés par les 31 marques exposantes programmées parmi lesquelles IWC, Panerai, Montblanc, Jaeger-LeCoultre ou encore, côté marques indépendantes, MB&F, Laurent Ferrier ou encore Ressence.

Et parce que, à défaut d’en annoncer le lancement simultanément à Genève fin avril, elles vont devoir organiser des événements locaux en lieu et place de ce salon international.

Les regards sont désormais tournés vers Baselworld 2020 dont l’ouverture est programmée le lendemain de la fermeture de Watches & Wonders, soit du 30/04 au 05/05 inclus.

Regroupant de grandes maisons telles que Rolex, Patek Philippe, Chanel, TAG Heuer ou encore RESERVOIR, Oris et Tudor, il paraît peu probable que cette autre fête de l’horlogerie helvétique soit maintenue.
Mais tel est le cas, faute d’annonce contraire, au moment où j’écris ces quelques lignes…

Quoiqu’il en soit, ces événements récents qui viennent s’ajouter à une baisse substantielle des ventes Asie et plus particulièrement en Chine et à Hong Kong (des baisses de l’ordre de plus ou moins 50%), marchés sur lesquels les grands noms du secteur ont basé ces dernières années leur croissance, ne sera pas sans conséquence sur l’industrie dans son ensemble.
On attend d’ailleurs à ce titre avec intérêt la publication des chiffres d’affaires des groupes cotés en bourse (Swatch Group, Richemont et LVMH).

En attendant, on peut extrapoler deux conséquences directes à la situation actuelle.

Tirant (peut-être) les leçons d’une croissance basée sur et d’investissements dirigés en priorité vers l’Asie depuis plusieurs années, les marques vont peut-être, souhaitons-le pour nous, enfin véritablement s’intéresser à la clientèle européenne en concevant des montres plus en adéquation, esthétiquement et financièrement, avec leurs clients historiques.

Cet espoir que je formule ici est bien entendu purement hypothétique, l’épidémie de Covid-19 finissant, à un moment ou à un autre, par être maîtrisée, le plus tôt étant le mieux.
Et prenant cette perspective en compte, il est probable que certaines maisons et groupes choisissent de faire le dos rond sans rien changer à leur stratégie, le temps que la tempête se calme.

Les regards sont désormais tournés vers Baselworld 2020 dont l’ouverture est programmée du 30/04 au 05/05 inclus. Regroupant de grandes maisons telles que Rolex, Patek Philippe, Chanel, TAG Heuer ou encore RESERVOIR, Oris et Tudor, il paraît cependant peu probable que cette autre fête de l’horlogerie helvétique soit maintenue...

L’autre conséquence, plus probable, concerne la pérennité elle-même des salons Watches & Wonders et Baselworld.

Très chahutés ces derniers mois en raison de formats ne correspondant pas / plus aux attentes des marques exposantes ni à celles des visiteurs mais également en raison de coûts d’investissement prohibitifs pour les exposants, les deux salons ont dû faire face ces derniers temps à l’abandon de plusieurs maisons.

Côté SIHH / Watches & Wonders, ce sont ainsi Richard Mille et Audemars Piguet qui ont jeté l’éponge - deux maisons emblématiques (pour ne pas dire essentielles) de l’évènement genevois.

Côté Baselworld, c’est d’abord le Swatch Group et ses marques (Omega, Breguet, Hamilton, Mido…) qui abandonnaient le navire dès l’édition 2019 puis Breitling ou encore Bvlgari.
S’y sont ajoutés cette année, en raison d’un changement de calendrier du salon bâlois ne correspondant plus à leurs plannings de lancements des collections, les départs de Grand Seiko et Seiko, deux acteurs majeurs du secteur.

Si les (nombreuses) marques restantes à Watches & Wonders et à Baselworld s’interrogent depuis ces remous sur la pertinence de leur présence et sur un ROI difficile à chiffrer, l’annulation du premier et celle hypothétique du second les mettent au pied du mur : elles vont devoir s’y prendre autrement pour faire découvrir et vendre leurs nouveautés 2020, qu’elles le veuillent ou non.

Ce faisant, deux cas de figure se dessinent.

Certaines marques vont prendre conscience qu’elles n’ont pas réellement besoin de ces salons pour vivre et se développer, des opérations locales, moins gourmandes en termes de capitaux, étant plus efficaces en matière de sell-out (vente au client final, le sell-in désignant la vente des collections aux réseaux de distribution).

A l’inverse, d’autres maisons horlogères, plus confidentielles, qui bénéficiaient de l’attractivité de grandes maisons à leurs côtés pour faire venir distributeurs et journalistes de tous les pays sur leur stand, risquent de souffrir un peu plus que les autres.

Bref, le secteur horloger est pour le moins secoué en ce moment.

S’y ajoute un problème de production des montres elles-mêmes.
En effet, un très grand nombre de maisons s’approvisionne en composants fabriqués en Chine.
Or, l’arrêt des usines depuis plusieurs semaines commence à poser de sérieux problèmes, les livraisons ne se faisant plus, empêchant en conséquence les marques concernées de produire leurs montres et donc de livrer leurs distributeurs… et vous de les acheter !

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Alors stay tuned!