L'avis de la rédaction72/100
Diaporama = 19 photos pour voir cette montre sous toutes les coutures
Cette pièce nous a été confiée par Cresus, spécialiste dans l'achat et la vente de montres de luxe
La marque Romain Jérôme a été fondée en 2004 par un groupe d'investisseurs privés et ne revendique pas d'héritage horloger particulier.
Romain Jérôme n'est d'ailleurs pas le nom d'un illustre horloger mais tout simplement la combinaison des prénoms des deux fils de l'un des investisseurs.
Bref, des choix pour le moins atypiques dans cet univers où la plupart des nouvelles marques ont tendance à se chercher voire à s'inventer un prestigieux passé...
Les débuts ont d'ailleurs été difficiles, la marque ayant mis un peu de temps à trouver une identité et un positionnement.
Les premiers modèles, aux antipodes de la production actuelle, étaient dédiés aux golfeurs avec des complications permettant de compter les points.
Une idée originale mais insuffisante a fortiori pour faire décoller la marque...
La notoriété de Romain Jérôme s'envole avec l'arrivée d'Yvan Arpa en 2008.
Faisant table rase des errements initiaux, le nouveau CEO créé un buzz planétaire en lançant la première montre de luxe rouillée et, cerise sur le gâteau, réalisée à partir de morceaux de l'épave du Titanic : la Titanic DNA !
Une fois la montre en main, le premier élément qui saute aux yeux est bien entendu sa lunette rouillée.

Bien que d'aspect très oxydé, elle est en réalité stabilisée : le processus de rouille est stoppé et n'évoluera plus.
Ainsi, contrairement à la Panerai Bronzo PAM 382 que nous avons récemment testée, la Titanic DNA Oxy Red de Romain Jérôme ne développera pas de patine avec le temps.
C'est d'ailleurs cette lunette qui donne en grande partie son appellation Titanic DNA à la montre. Elle est en effet issue d'un mélange de deux aciers, l'un provenant du chantier naval Harland & Wolff à Belfast – d'où est sorti le Titanic, l'autre provenant directement de l'épave du bateau.
En lisant entre les lignes, on comprend aisément que la lunette de la montre n'est pas taillée dans un bout d'épave mais qu'elle contient un petit peu d'acier du Titanic !
La marque ne précise d'ailleurs pas dans quelles proportions.
Par ailleurs, le fait qu'elle soit rouillée ne vient pas d'un séjour au fond de l'océan, mais d'un vieillissement artificiel volontaire.
Si cet artifice marketing peut sembler décevant pour ceux que l'hommage au Titanic a fait s'intéresser à cette montre, il serait pourtant bien dommage de s'arrêter là...
Loin du côté gadget que l'on pourrait craindre, le boîtier, ici en version or rouge, est extrêmement bien réalisé. Tout en courbes, il alterne les surfaces polies et brossées et sa finition est tout à fait à la hauteur de concurrents autrement plus réputés.
Les 4 griffes qui maintiennent la lunette permettent un beau contraste entre les matériaux et lui confèrent une forme assez originale.
Le cadran contient pour sa part du charbon issu des cales du Titanic.
Et il est lui aussi très réussi.

Bien que visuellement moins spectaculaire que la lunette rouillée, il contribue grandement au plaisir que l'on a à porter cette RJ-Romain Jérôme.
D'apparence granuleuse, il semble en outre recouvert d'une couche de vernis qui lui donne un aspect humide...
Ces irrégularités et imperfections volontaires renvoient de très beaux jeux de lumières...
A l'instar des index appliqués, dont le brossé inégal contribue à donner l'impression que la montre sort du fond des océans...
Si cette finition destroy est à l'opposé des standards de perfection immaculée de la production horlogère habituelle, elle n'est en pas moins parfaitement réalisée.
Un soin très horloger a en effet été porté aux moindres détails – comme par exemple le revêtement caoutchouc de la couronne qui permet une excellente préhension.
A noter enfin que l'ensemble de la montre regorge de références nautiques – comme le compteur des secondes qui rappelle une jauge de machine à vapeur ou encore les aiguilles qui reprennent la forme de l'ancre du célèbre paquebot.
Côté mécanique, la Titanic DNA Oxy Red est animée par un mouvement conçu par Concepto Watch Factory – un ancien bureau d'étude indépendant devenu manufacture à part entière – jouissant d'une très bonne réputation.
Au poignet, la Titanic DNA demeure confortable malgré ses 46 mm de diamètre et son épaisseur
de 15 mm.

Le poids est certes élevé (188 grammes) dans cette version or mais le confort reste bon grâce au maintien apporté par le bracelet caoutchouc.
L'ouverture de cadran limitée minimise par ailleurs l'impression de taille.
Enfin, contrairement à ce que l'on pourrait craindre après une semaine de porté, aucun désagrément lié à la rouille n'a été constaté. Cette lunette ne tâche pas les vêtements et ne sent pas la rouille.
Et pour les hypocondriaques, aucun risque non plus d'attraper le tétanos...
Il serait dommage de restreindre cette pièce à son discours marketing construit autour du Titanic.
Chacun jugera de l'opportunité d'un tel hommage. Mais au-delà de ce prétexte utilisé pour faire du buzz, il reste une montre très originale et extrêmement bien finie.
Son design fort et le contraste apporté par le boîtier or rouge / rouille séduiront les amateurs de pièces sortant des sentiers battus.
Les + :
Les – :
Informations complémentaires :
| Confort / Agrément (/15) | 12 |
| Mouvement (/20)détail | 9.5 |
| Optimisation / Décoration du mouvement (/5) | 3.5 |
| Agrément de manipulation et de réglage (/5) | 5 |
| Contrôle du mouvement par la Manufacture / distinctions diverses (/3) | 0 |
| Capacité de la réserve de marche (/2) | 1 |
| Complications (/5) | 0 |
| Finitions (/20)détail | 19 |
| Finitions cadran (/6) | 6 |
| Finitions boîtier (/6) | 6 |
| Qualité du travail de déco° / gravure du fond de boîte (/2) | 2 |
| Qualité du verre (/4) | 3 |
| Finitions de la boucle (interne et externe) (/2) | 2 |
| Fonctionnalité (/20)détail | 12.5 |
| Lisibilité diurne (/5) | 5 |
| Lisibilité nocturne (/4) | 0.5 |
| Etanchéité (/3) | 0 |
| Facilité de réglage et de changement du bracelet (/4) | 3 |
| Sécurité / solidité de la boucle (/4) | 4 |
| Bonus (/10)détail | 5 |
| Série limitée (/3) | 1 |
| Montre fournie avec plusieurs bracelets (/2) | 0 |
| Qualité de la boîte et de la sur-boîte (/1) | 1 |
| Portabilité avec manches de chemise fermées (/2) |
1 |
| Présence de "goodies" (/1) | 1 |
| Intelligibilité du booklet (/1) | 1 |
| Rapport qualité / prix (/15) | 14 |
| Pour quelles occasions ? Quand la porter ? | |
| Devant une rediffusion d'un épisode de "La croisière s'amuse" ! | |
Posté par : watcheverOh, une montre des années 80... Ah non c'est juste le style !
Beurk... pour le style et Re-Beurk pour le prix.
Un bout de Titanic qui n'en pas vraiment un... Belle opération marketing.
Posté par : KiliwatchContrairement à whatchever, et malgré tout le marketing entourant cette pièce, je la trouve très réussie. Et la finition semble canon ! Au moins une montre qui sort de l'ordinaire !
Posté par : starfishandcoffeeOn la croirait tout droit sortie du fond de l'océan... Très original. Mais une montre aussi originale à ce tarif là, c'est très risqué !
Posté par : PopeyeUne très belle pièce. Pas facile à porter au quotidien cependant...
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